• Julia

La Cohabitation à Trois 🐰🐰🐰

Dernière mise à jour : 21 mai

La cohabitation entre nos trois merveilleux lapins a demandé énormément de temps et de patience. Certains vivent des coups de foudre, ici, c’était des coups de foudre pas mal violents.


Lucky et Lady

Nous avons recueilli Lucky, un beau Géant des Flandres mâle stérilisé, et Lady, notre petite femelle bélier non stérilisée et assez sauvage, au mois de juillet 2020. C’était la première fois que nous avions des lapins dont on serait responsables. Lucky et Lady étaient, par chance, déjà liés lors de leur arrivée chez nous. Ils sont arrivés à deux jours d’intervalle, donc le premier soir a été mouvementé à cause des petites batailles de territoire mais somme toute, la situation s’est très vite calmée. Ils ont alors commencé à vivre en liberté totale, même s’ils sont toujours restés beaucoup plus dans le bureau, là où leur litière et leur foin était.




Lucky

Lucky est un gros patapouf. Il adore les caresses, il adore manger, il est curieux quand de la nourriture est en jeu, autrement il est très peureux. Il a mis énormément de temps à accepter de marcher sur le parquais de la maison, c’était vraiment drôle de le voir déchiré entre le morceau de persil dans nos mains et la distance à marcher sur le parquais. Littéralement déchiré, étiré de tout son long pour garder ses pattes arrière sur le tapis. Il n’est pas du tout agressif, toujours partant pour une séance de caresses et n’a jamais grogné. Pour le résumer, il est vraiment très relax, ne fait pas beaucoup d’exercice, c’est le roi du flop et il a un nez de chien pisteur pour dénicher les légumes qu’on cache partout.

Lady

Lady est une lapine non stérilisée, avec potentiellement un passé d’abus par de jeunes enfants. On ne sait pas trop d’où ça vient, mais elle n’aime vraiment pas se faire toucher. Elle est rarement agressive, sauf quand on insiste malgré ses tapes de pied et ses petites fuites. À ce moment-là, elle va grogner et même nous pousser avec ses dents quand on met la main dans sa cachette pour la toucher. Lady est très sauvage de cette façon, mais on a appris à l’apprivoiser avec de la nourriture. Quand elle mange, elle est prête à accepter de se faire caresser délicatement. Elle est aussi très curieuse, craintive (de la main) mais beaucoup moins peureuse que Lucky et très exploratrice. Elle aime faire la course sur le tapis du couloir, elle aime jouer et elle aime gratter. Ah ça, elle adore gratter. C’est très certainement parce qu’elle n’est pas stérilisée, mais elle va régulièrement gratter le sol, grignoter les tapis, s’arracher du poil et monter Lucky de façon effrénée sans explication. Elle s’est avérée, plus tard, être aussi extrêmement territoriale.


Grisous

Grisous est un lapin du même refuge (The bunny bum) que Lucky et Lady. C’est un petit bélier mâle stérilisé qui semble avoir toujours vécu seul et qui a un tempérament de dominant la majorité du temps. Il est un peu craintif mais aime beaucoup les caresses, il est curieux et jovial. C’est vraiment un mix entre Lady et Lucky. Il est craintif et curieux comme Lady et adore les caresses comme Lucky.


L’arrivée de Grisous

Nous l’avons accueilli au début du mois de janvier et installé dans le bureau, avec les deux autres lapins mais séparé d’eux par un enclos. Nous avions placé l’enclos déjà quelques semaines avant son arrivée pour préparer Lucky et Lady au fait que cet espace ne leur appartiendrait plus.

L’arrivée de Grisous a très vite agité les deux résidents du bureau. Ça courait partout, en panique, et ça a fait le tour 1000 fois de l’enclos pour chercher un moyen d’entrer / vérifier que l’autre ne pouvait pas sortir. On s’est rendu compte que Lady avait beaucoup de mal à accepter la présence de Grisous dans l’enclos. Après réflexion, il aurait été mieux de placer l’enclos dans le salon, qui était beaucoup moins le territoire de Lady que dans le bureau.

Les premières rencontres

Nous les avons laissés quelques jours (deux semaines max) sans se rencontrer avant d’organiser la première rencontre, dans un enclos séparé en deux avec un grillage. Il y a eu quelques pipis mais peu d’interactions. L’enclos était placé sur le carrelage dans la cuisine, pour qu’ils aient moins de traction et parce qu’aucun n’était jamais allé se promener dans la cuisine. Encore aujourd’hui, c’est très rare qu’ils s’y aventurent. On pense que c’est à cause du carrelage. Au bout de deux fois avec le grillage, environ, nous avons retiré le grillage. C’était très difficile pour nous, parce que nous voulions clairement brûler des étapes pour voir jusqu’où ils étaient prêts à aller, et en même temps on ne voulait pas faire les choses trop vite et compliquer la situation.

La première rencontre sans grillage a relativement bien été. Ils semblaient tous beaucoup plus préoccupés par l’enclos et le fait de ne pas savoir où ils étaient que par la présence de l’autre. Et puis, au bout de quelques fois, à raison d’une fois par jour, on a vraiment commencé à remarquer que Lucky était relativement indifférent à la présence de Grisous, ce qui est étonnant parce que ce sont deux mâles. Lady, en revanche, semblait prise d’une inquiétude profonde la poussant à défendre son territoire et son mâle, Lucky, en permanence. Elle ne relaxait pas. Elle montait régulièrement Lucky et chassait Grisous, allant jusqu’à aller vers Grisous pour le chasser. Assez rapidement, les rencontres dans l’enclos ont dégénéré. Grisous et Lady et battaient très intensément, ils faisaient du « boxing » et on avait deux tornades qui secouaient l’enclos au complet. On devait intervenir une fois par minute, au moins. Malgré une alternance parfois sans Lucky, parfois avec Lucky, rien ne s’améliorait. On a donc fini par arrêter les rencontres dans ce format-là pour essayer autre chose.

Les rencontres sur la table

Lady connaissait déjà très bien la table, puisque c’est l’endroit où on lui administrait son médicament deux fois par jour. Ce n’était donc clairement pas son endroit préféré et elle n’avais pas nécessairement l’habitude de se détendre quand elle était sur la table. Grisous, lui, n’avait jamais été sur la table. On s’est donc dit que ça serait une expérience intéressante de les faire se rencontrer dans un environnement où ils ne pourraient pas se sauter dessus. Les rencontres sur la table étaient très inintéressantes, au début. On avait juste deux lapins figés en boule l’un contre l’autre. Au moins, Grisous s’habituait tranquillement à la présence de Lady sans qu’elle l’attaque. Il semblait déjà conditionné à avoir peur d’elle et elle à lui sauter dessus. On était donc contents de briser un peu le schéma. Les rencontres duraient approximativement deux heures, parfois plus, avec nous deux de part et d’autre de la table, les bras autour d’eux pour s’assurer qu’ils ne sautent pas. C’était long et éprouvant, mais on a remarqué que dès qu’on installait l’enclos sur la table autour d’eux ils recommençaient à s’attaquer. Il semblait que notre présence avec eux soit importante. Lady le mordillait périodiquement sur les flancs, Grisous tapait du pied, ils s’écrasaient en boule l’un contre l’autre. C’était devenu la routine. Grisous avait, à cette époque-là, de nombreuses marques de dents de Lady sur les oreilles. Ça ne dégénérait pas mais ça ne s’améliorait pas non plus et Grisous se changeait petit à petit en viande hachée. Avec ou sans Lucky, rien ne semblait calmer les choses.




Les essais ratés

On a essayé de les faire se rencontrer dans le couloir, mais c’était trop tôt. On les avait mis tous les trois et tout le monde sautait sur tout le monde, même Lucky s’était mis à attaquer Grisous. On a vite arrêté.

On a essayé de les faire se rencontrer dans la baignoire. Ça a été un échec monumental. Grisous a très vite compris comment sortir de la baignoire et Lady a vite suivi, ce qui s’est transformé en course poursuite dans l’appartement. Nous derrière Lady, Lady derrière Grisous, Grisous derrière un espoir de survie.

On a essayé sur le balcon au début du printemps, les trois ensemble avec litière, eau et foin. C’était relativement calme mais régulièrement Lady allait s’approcher de Grisous et Grisous fuyait en bonds semi-apeurés, semi-désespérés.

La routine sans les rencontres

On a beaucoup alterné entre motivation et scepticisme. Il y a eu une période en particulier, pendant laquelle on avait simplement abandonné. Pendant environ 3 semaines, on laissait l’accès libre au salon à Lady et Lucky, et deux fois par jour on ouvrait à Grisous. Il y avait donc une petite compétition qui s’était installée, parce que chacun sentait l’odeur de l’autre dans le salon. Et puis, dans une période de motivation, on s’est mis à les faire sortir en même temps mais juste pour manger les légumes le soir.

Lady n’aimait pas que Grisous soit là et Grisous avait toujours très peur de Lady mais au moins, pendant qu’ils mangeaient, elle se préoccupait moins de lui. Il est même arrivé quelques fois qu’ils mangent dans la même assiette, tous les trois en même temps. C’était tellement beau, mais si rare et si court. On utilisait un « push-push » à l’eau sur Lady à chaque fois qu’elle attaquait Grisous pour la conditionner, mais on a fini par se rendre compte que ça la rendait presque encore plus agressive et on recommençait à avoir du mal à l’approcher. En fait, on la conditionnait au fait que souvent, quand on venait vers elle, c’était pour l’arroser. On a donc fini par arrêter.

Le jour où l’impossible devint possible

Épuisés et un peu désespérés, nous n’avions plus vraiment espoir. Et puis, un jour, pris d’une bulle, on a décidé de les installer les 3 dans le salon, dans un grand enclos avec litière, eau, foin, et de les laisser là jusqu’à la fin des temps. Honnêtement, on était tannés, et on a décidé de faire un Hunger Games : « Que vous vous aimiez ou non, c’est plus notre problème, vous restez là ensemble ».

Hunger Games version lapin

Pendant les premières heures, c’était la découverte du nouvel espace. Parfois Lady allait chasser Grisous, mais rien de bien méchant. Ils avaient deux litières de part et d’autre de l’enclos pour ne pas les forcer à se voir ou pour ne pas que Grisous se retrouve sans litière. Au début, on avait des gros doutes. Puis ça s’est tranquillement calmé. Lady chassait Grisous régulièrement mais aux 20 minutes environ, ils faisaient leur toilette, parfois un ou l’autre s’allongeait (très loin du deuxième). Quand on est allé dormir, on pensait que c’était une réelle possibilité qu’on se lève et que l’un d’eux soit mort. On n’a pas très bien dormi cette nuit-là, mais on a tenu notre bout et on les a laissés là 72h au total. À la fin, ce n’était toujours pas l’amour fou mais Grisous pouvait aller manger et boire sans trop avoir peur. Lady le chassait toujours mais seulement sur un mètre ou deux. Ils ne s’aimaient pas, mais ils cohabitaient tous les trois.

On a donc décidé d’essayer de les mettre dans le bureau, territoire de Lady. On avait espoir qu’ils soient prêts… mais loin de là. On a forcé leur cohabitation dans le bureau le temps d’une journée et on a dû arrêter le soir même. Lady était redevenue très agressive envers Grisous. Il ne pouvait être nulle part sans qu’elle l’attaque. C’était le retour des tornades de poils. Le soir, quand on est venus pour arrêter l’expérience, on a trouvé Grisous recroquevillé dans un tout petit espace, clairement très inconfortable et absolument pas détendu. C’était, semble-t-il, le seul endroit où Lady ne le voyait pas vraiment et le laissait tranquille.

Pris d’une déception énorme, et d’un certain agacement bien honnêtement, on a tout simplement tout réinstallé dans le salon mais sans remettre l’enclos. Ils ont donc commencé à habiter tous les trois dans le salon, ayant accès à l’appartement au complet mais pas au bureau. Quelques jours plus tard, on leur a redonné accès au bureau, pendant de courtes périodes. En particulier, on s’est mis à leur donner la moulée du matin dans le bureau et on les faisait sortir dès que Lady chassait Grisous.


Aujourd’hui

Cela fait bientôt un mois et demi, maintenant, qu’ils cohabitent tous les trois en harmonie dans le salon. Ils ne s’entendent pas tout le temps, bien sûr, mais environ 95% du temps tout le monde est heureux. Grisous a officiellement accès au bureau, même quand Lady est là, et on les a vus plusieurs fois maintenant se lécher les uns les autres. Lady lèche Grisous presque tous les jours, maintenant. C’est donc une histoire improbable, qui finit bien. Et puis, finalement on est contents de les avoir dans le salon. On les voit beaucoup plus souvent qu’avant. Honnêtement, regarder des lapins vivre depuis son canapé, c’est presque plus le fun que d’écouter la télé.



Lucky & Grisous dans le transporteur

Lucky & Grisous sous la commode











114 vues0 commentaire